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Cohabiter entre générations pour plus de solidarité et de lien social
Dans le cadre du chantier de l’Obs’:
Cohésion sociale
Nom de la structure : Echirolles
Nom du Chef de projet : Clotilde Tarditi - c.tarditi@ville-echirolles.fr - 04 76 20 64 78
Service concerné : service Logement et Habitat, CCAS Pôle Gérontologique
Elu référent : Guy Rouveyre, délégué à la cohésion sociale et tranquillité publique, développement durable et Carole Simard, adjointe au logement
1. Résumé de l'action
La Lorette est un projet porté par la Société Dauphinoise pour l’Habitat (bailleur social), conçu et réalisé en étroite collaboration avec la Ville afin d’accueillir des personnes âgées dans des logements adaptés. La résidence La Lorette héberge également des familles à revenus modestes. La cohabitation entre générations garantit des relations de proximité marquées par l’entraide, la solidarité et l’échange de services. Entre les locataires, une charte « Voisin’âge » précise les engagements de chacun. Si cette initiative a pour objectif de permettre aux personnes âgées de bien vieillir chez elles, elle recrée également les conditions d’une vie collective en luttant contre les tendances à l’exclusion et à l’isolement.
2. Une action au coeur de la stratégie de développement durable
L’intérêt pour la problématique des liens entre les générations est ancien au sein de la commune et plus particulièrement au sein du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) et du service Habitat. Si la vision du développement durable apporte une plus-value à l’action, elle n’est pas l’initiatrice en tant que telle.
L’agenda 21 de la Ville adopté en 2004 présente, parmi ses 12 thèmes et ses 170 actions, un volet « équité sociale et solidarité » qui donne une place importante aux relations entre générations. L’habitat intergénérationnel permet de travailler sur le lien social par le biais d’échanges de services par exemple. Dans ce cadre, aucune notion marchande n’apparaît ; l’objectif visé par l’agenda 21 est la solidarité entre générations. Cela fait référence à la Stratégie nationale de développement durable et plus particulièrement l’objectif n°4, « Cohésion sociale et solidarité entre les territoires et entre les générations ».
Pour parvenir à cet objectif, la Ville encourage l’échange de services entre les jeunes ménages et les personnes âgées. Cette action vise à favoriser la solidarité entre des personnes qui ne se connaissent pas avant de faire le choix de vivre dans cette résidence intergénérationnelle.
3. Description de l'action
Contexte territorial :
La ville d’Echirolles compte environ 40 % de logements sociaux, soit 5500 logements, et 46% des occupants du parc social ont plus de 50 ans. Si la problématique du logement des personnes âgées et du maintien à domicile est liée au vieillissement de la population sur l’ensemble du territoire national, elle pose des enjeux particuliers pour le logement social.
Portés par les élus de la commune qui mènent des politiques publiques en faveur d’une société relationnelle, le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de la Ville et les professionnels de l’action sociale ont pris conscience, il y a plusieurs années déjà, de ces enjeux. Ainsi, ils ont encouragé la mise en place du Conseil consultatif des retraités ainsi que différentes actions au niveau des quartiers. Dès 2005, la Ville a mis en place le projet de la résidence Marcel David comprenant une quinzaine de logements, du T1 au T2, prioritairement à destination des personnes âgées non dépendantes.
Description de l'action :
Située à Echirolles, la résidence de la Lorette s’intègre dans un environnement de type résidentiel composé d’habitats individuel et collectif avec commerces de proximité, place du marché, centre culturel, bibliothèque et groupe scolaire.
La résidence est composée de 12 logements de type 2 ou 3, adaptés aux personnes à mobilité réduite, répartis sur 3 niveaux avec 9 T2 d’environ 48 m2 et 3 T3 d’environ 68 m2. Chaque palier comprend 3 T2 et 1 T3. Tous les logements sont adaptés techniquement pour favoriser le quotidien des résidents.
Une convention de partenariat tripartite « Création de services aux personnes âgées dans le logement social » a été signée dans le cadre du Label Habitat Senior Services pour les logements de la résidence de la Lorette. Le Label Habitat Senior Services, impulsé par l’association Delphis qui regroupe seize sociétés anonymes HLM gérant plus de 132 000 logements sociaux sur onze régions, souhaite proposer aux personnes âgées un habitat alternatif aux structures spécialisées, leur permettant de rester à domicile le plus longtemps possible dans un cadre de vie garantissant la mixité des publics. La convention de partenariat inhérente à ce label lie la Société Dauphinoise pour l’Habitat (SDH), acteur-clé du logement des personnes âgées en Isère, le CCAS de la Ville, au travers du pôle gérontologie et handicap, et la régie de quartier Propulse, entreprise d’insertion prestataire de services en direction des personnes âgées et intervenant pour des petits travaux d’aménagement de logements.
Le Label Habitat Senior Services vise à :
adapter le bâti (accessibilité, fonctionnalité au sein du logement) ;
développer de nouveaux services autour du logement ;
renforcer les formations du personnel de proximité ;
informer sur les dispositifs d’animation autour de la personne âgée en lien avec la Ville et les différentes institutions ;
travailler avec le réseau gérontologique local.
Le service logement d’Echirolles, en partenariat avec la Société Dauphinoise pour l’Habitat, sensibilise les demandeurs sur la finalité de ce projet et recueille leur motivation d’y participer. Outre les critères de ressources, les appartements sont attribués sur critères d’âges (2/3 à des retraités de plus de 60 ans et 1/3 à des jeunes familles) pour favoriser la mixité intergénérationnelle. La priorité est également donnée à des personnes âgées dont le maintien dans un domicile est conditionné par les équipements en place et qui souhaitent rester dans leur quartier.
Compte tenu de la taille modeste du projet, il n’a pas été envisagé d’adopter la charte Qualité Environnementale de la Société Dauphinoise pour l’Habitat. Toutefois, les cibles « économies de charges » et « promotion des énergies renouvelables » ont été adoptées en renforçant l’isolation thermique du bâtiment et en disposant des panneaux photovoltaïques sur le bâtiment afin d’alimenter les parties communes (couverture de 40 % des besoins en énergie).
Objectifs de l'action :
Toute personne qui souhaite résider à la Lorette fait le choix d’habiter entre générations différentes. Résider dans cet ensemble immobilier, c’est entretenir de véritables relations de bon voisinage : solidarité, entraide et convivialité sont les mots-clés de ces bonnes relations. La vie à la Lorette repose sur la participation de chacun pour établir et renforcer les échanges entre résidents. C’est aussi se soucier de son voisinage dans le but de prévenir ou rompre l’isolement des plus âgés, augmenter leur sécurité par une présence rassurante et conviviale.
Pour permettre le maintien à domicile dans de bonnes conditions, les résidents peuvent bénéficier de l’offre de services existants sur la commune d’Echirolles. Ils pourront ponctuellement partager des services mutuels avec leurs voisins, par exemple garde d’enfants, courses collectives, petits bricolages, etc. Des liens de solidarité entre générations permettront aux jeunes familles de bénéficier de l’expérience des plus anciens, de partager des loisirs, des talents et échanger des savoir-faire et des connaissances. Les aménagements réalisés dans la résidence permettent d’offrir un confort optimal dans chaque logement, ces appartements étant spécialement conçus et adaptés aux attentes des personnes âgées ou handicapées.
Echelle territoriale de laction :
Commune d’Echirolles
Bénéficiaires : Les personnes qui ont fait le choix de résider à la Lorette et qui répondent aux plafonds des ressources du logement social.
Maître d'ouvrage : La Société Dauphinoise pour l’Habitat, le Centre Communal d’Action Sociale de la ville d’Echirolles et la régie de quartier PROPULSE
Calendrier et échéancier : Décembre 2006 : dépôt du dossier de permis de construire ; Septembre 2007 : dépôt du plan de financement ; Novembre 2007 : ordre de service ; Printemps 2009 : livraison.
Etat d'avancement : Action réalisée
4. Effets et résultats : Plus de solidarité et de lien social!
Effets attendus :
Meilleure prise en compte du vieillissement et des besoins des personnes âgées ;
Favoriser le maintien des personnes âgées à domicile et dans leur quartier.
Résultats observés :
La Lorette compte 12 logements ce qui facilite la connaissance entre voisins. On peut observer globalement que la vie de groupe entre les résidents est conviviale. De plus, les personnes âgées sont satisfaites des équipements mis en place dans les logements. Néanmoins, ce sont des résultats difficilement mesurables qui reposent uniquement sur l’échange de ressentis des résidents.
Impact de laction sur la politique de la collectivité :
Le projet de la résidence de la Lorette constitue un projet-pilote qui amorce une série d’autres projets de logements intergénérationnels avec la Société Dauphinoise pour l’Habitat :
la Rumba, comprenant 29 logements dans un quartier en renouvellement urbain, livrée en mai 2011 ;
le projet Cap Harmonia, livré en 2012, comprenant 3 étages en copropriété et 3 étages en locatif social avec 16 logements répartis en 8 logements séniors et 8 logements familiaux ;
le projet Joliot-Curie au sein duquel un logement d’accueil familial temporaire pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies apparentées a été mis en place, dans le cadre de la réhabilitation d’un ancien immeuble et de la construction d’une aile neuve ;
un projet de logement intergénérationnel en Zone Urbaine Sensible qui est encore à l’étude.
Les élus souhaitent développer ce concept intergénérationnel dans l’habitat dans plusieurs quartiers de la Ville. Pour les projets en cours, l’idée de mixité générationnelle est plus ambitieuse dans la mesure où les résidences seront composées à part égale de personnes âgées et de jeunes ménages.
5. Financements et partenariats
Coût de l'action :
Le prix de revient TTC (TVA 5,5%) est estimé à 1 308 159 euros TTC.
Plan de financement :
Les financements du projet se composent comme suit (en euros) :
Financement principal Prêt Locatif à Usage Social / Prêt Locatif d’Aide à l’Intégration = 780 825
Subvention État Prêt Locatif à Usage Social / Prêt Locatif d’Aide à l’Intégration = 35 908
Subventions Conseil Général = 37 579
Subventions Région = 35 003
Subvention Métro = 66 507
Subvention Epergos Habitat = 20 000
Subvention Décote = 24 000
Subvention Métro RU = 49 546
Subvention Commune = 138 792
Fonds propres = 120 000, soit 10 000 par logement.
Economies réalisées ou coûts évités :
Gains directs : il n’y en a pas en tant que tels car le projet de la Lorette est au départ une opération plus coûteuse qu’une opération classique.
Gains indirects : il y a très certainement des économies induites au niveau sociétal mais elles ne sont pas facilement mesurables. Permettre aux personnes âgées de rester chez elles au lieu de vivre en maison de retraite ou faciliter les trajets des équipes médicales et paramédicales ont nécessairement un impact positif sur le reste de la collectivité.
Ressources humaines et partenaires investis :
Service Habitat, service Développement Durable de la Ville, le CCAS d’Echirolles, la Société Dauphinoise pour l’Habitat (une conseillère en économie sociale et familiale et les services de gestion locative classiques) et la régie de quartier Propulse. Une dizaine de personnes se sont investies dans la rédaction de la Charte « Voisin’âge ».
6. Les parties prenantes
Le pilotage :
Le CCAS d’Echirolles, la Société Dauphinoise pour l’Habitat, la régie de quartier PROPULSE, le service Habitat et le service Développement Durable.
La mise en œuvre :
Des rencontres entre les partenaires ont été organisées pour concevoir la charte d’engagements des résidents « Voisin’âge ». Le comité de pilotage s’est réuni 2 fois depuis l’ouverture de la résidence, une fois à la fin de l’année 2009 et une fois au mois de février 2011. A ces occasions, les partenaires font un point sur le fonctionnement de la vie de groupe à la Lorette et abordent les projets en cours (voir supra).
Le partage du projet :
Dans le cadre de la convention tripartite « Création de services aux personnes âgées dans le logement social », la Société Dauphinoise pour l’Habitat intervient en tant que propriétaire des logements labellisés.
Le CCAS de la ville d’Echirolles intervient au service des habitants de la Lorette en tant que professionnel des services d’aide à la personne.
La régie de quartier Propulse intervient en tant qu’association au service des habitants de la Lorette sur accord des résidents locataires et notamment dans le cadre de la prestation de services en direction des personnes âgées et/ou handicapées.
7. Suivi et évaluation
La Société Dauphinoise pour l’Habitat et le CCAS s’engagent à se réunir en cas de nécessité selon les problèmes rencontrés pour décider des solutions à apporter à des situations particulières et à examiner conjointement les éventuelles actions correctives à mener.
L’association PROPULSE s’engage à fournir un bilan annuel des prestations demandées par les locataires Société Dauphinoise pour l’Habitat dans le cadre du Label. Les signataires s’engagent annuellement à évaluer le dispositif en vue d’améliorer leurs engagements. Néanmoins, il n’existe pas d’indicateur précis pour cette action. Malgré une forte volonté des parties prenantes au projet et le travail transversal mené par celles-ci, l’évaluation de l’action demeure complexe.
Le concours national des villes, consacré en 2010 aux « aînés au cœur de nos villes et de nos territoires » a décerné le « Pôle d’excellence territorial 2010 » à la ville d’Echirolles. Un prix spécial accompagne cette distinction importante saluant la politique d’aménagement de l’habitat en faveur des personnes âgées et la mise en œuvre du « label habitat senior services ».
8. Bilan et perspectives
Les conditions de réussite (leviers et freins) :
Forte volonté politique de la commune qui se situe dans une logique d’expérimentation et d’essaimage ;
Véritable engagement du bailleur social sur les questions d’énergie, d’eau et les problématiques du développement durable ;
Large participation des personnes âgées : il y a une réelle représentativité de celles-ci dans la Ville. A ce titre, le conseil consultatif des retraités réfléchit aux questions de la fin de vie et des solidarités entre les générations depuis quelques années.
Difficultés et écueils :
Absence de mode de financement particulier de la part de la Ville. L’avenir des projets est conditionné par la volonté du bailleur et des collectivités ;
Débat autour de la question de la « discrimination positive » liée à l’attribution de logements aux personnes âgées. Certains cadres législatifs, tels que la Loi de Mobilisation pour le Logement et la Lutte contre l’Exclusion de 2009, introduisent la possibilité d’attribuer un logement adapté à une personne qui en a besoin en priorité.
Conclusion : Mixer les populations pour garantir l’entraide et la solidarité
Le projet de La Lorette permet d’expérimenter la mixité entre générations, et amorce une série d’autres projets d’habitat intergénérationnel qui se veulent plus ambitieux en termes de diversité dans l’habitat social. La ville d’Echirolles souhaite mixer les populations des logements sociaux avec les populations des logements classiques pour favoriser les liens sociaux entre les générations.

Carole Simard, adjointe de la ville à l’habitat, Jean-Philippe Motte, Vice-président de la Metro chargé de l’habitat, Gérard Poncet, président de la SDH, Renzo Sulli, maire d’Echirolles, André Indigo, directeur de la SDH et Guy Rouveyre, 1er adjoint de la Ville ont dévoilé la plaque de la résidence.




